La bataille de Rennell

La bataille de Rennell – 16 juillet 1942

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1 Conception du scénario

1.1 Cadre général

Cette bataille s’inscrit dans le cadre plus vaste d’un engagement de grande ampleur dans le Pacifique sud, qui lui même s’inscrit dans une campagne commencée il y a plusieurs années. Cette campagne commence en avril 1942, au moment où le Japon tente – tant bien que mal – de définir une stratégie après ses conquêtes initiales. Elle alterne phases stratégiques durant lesquelles les joueurs et l’arbitre définissent les modalités des futurs engagements, et phases opérationnelles durant lesquelles ces engagements – jusqu’ici des combats aéronavals – sont joués.

Le premier scénario était, à l’initiative japonaise, consacré à une attaque japonaise sur Midway, en mai 1942 (les opérations C, dans l’océan indien, et MO, en mer de Corail étant annulées). La bataille ne fut pas le désastre historique, mais s’avéra globalement décevante, la flotte japonaise devant faire demi-tour après avoir subi de lourdes pertes.

Le second scénario vit la marine américaine effectuer un raid aéronaval sur Wake, raid durant lequel l’aviation basée aux îles Marshall engagea avec succès les porte-avions ennemis.

Le troisième scénario, qui vient à peine de commencer, a pour objet une offensive japonaise dans le Pacifique sud.

 

1.2 Ordre de bataille

La bataille oppose un groupe de croiseur commandé par le contre amiral Goto à la TF44 du contre-amiral Crutchley, VC, RN, à une centaine de nautiques à l’ouest de l’île Rennell, dans la mer des Salomons. La flotte japonaise est composée de deux divisions de croiseurs : sentai 6 (Aoba, Kinugasa, Kakao et Furutaka) et 18 (Tenryu, Tatsuta). La flotte américano-australienne est composée d’un groupe de 4 croiseurs australiens (Australia, Canberra, Hobart) et américains (Chicago), et de la 22ème division de destroyers de l’US Navy (Grayson, Gwin, Meredith, Monssen).

L’ordre de bataille m’a été imposé par les circonstances (l’ordre de bataille de la partie aéronavale et la répartition des forces faite par les joueurs), et , par chance, a abouti à une situation équilibrée. Les 4 croiseurs lourds japonais, armés de 6 pièces de 203 mm font jeu égal avec les croiseurs ennemis, et l’obsolescence des 2 croiseurs légers nippons est contre-balancée par l’inefficacité des torpilles des destroyers américains.

La TF 44 se trouve au début du jeu à environ 30.000 yards dans le SEE des japonais. La mer est calme (force 2) et la visibilité est de 25.000 yards.

1.3 Plan de bataille

L’amiral Goto, pris au dépourvu, n’a pas le temps d’établir un plan de bataille avant le début du combat. Il commence la bataille en ligne de file, le sentai 6 précédant le sentai 18.

L’amiral Crutchley, qui a pris l’initiative de l’engagement, a organisé ses forces en 3 groupes. Le TG44.1, composé de l’Australia et du Canberra, doit mettre le cap au nord, probablement pour barrer le T des japonais. Le TG 44.2 , formé du Chicago et du Hobart, doit lui continuer au NNW, probablement pour engager le combat à plus courte distance. La DesDiv 22 doit précéder le TG44.2 pour le couvrir et attaquer l’ennemi à la torpille.

2 Compte-rendu

 

2.1 Tour 1 à 4

Le TG 44.1 met le cap au nord tandis que le reste de la TF44 poursuit au 330, en direction de l’ennemi. A partir du tour 3 cependant, la DesDiv 22 infléchit sa route progressivement vers l’ouest, pour ne pas dépasser les croiseurs japonais. Ceux-ci mettent dès le début de l’engagement le cap au sud. Au tour 3, le sentai commence à émettre de la fumée (qui bloque la vue du sentai 18 vers l’est) et à tirer le feu sur le TG44.1.

Au tour 4, le Chicago et le Hobart commencent à étendre un rideau de fumée, ouvrent le feu sur l’Aoba et entament des manoeuvres évasives. Celles-ci n’empêchent pas le Kako de placer un obus sur le Chicago. Le projectile traverse les superstructures du croiseur américain sans exploser ni causer de dommage significatif.

2.2 Tour 5

Les DD font maintenant cap au SO. Le TG44.1 infléchit sa route au NEE tandis que le TG44.2 remet le cap au nord. La distance entre le TG44.2 et l’ennemi augmente.

L’artillerie secondaire des CA japonais ouvre le feu sur le Gayrson tandis que les 4 DD engagent le Furutaka et le Kako.

2.3 Tour 6

Les croiseurs japonais abattent sur tribord et reportent le tir de leur artillerie principale sur les DD américains (la tourelle arrière uniquement, les pièces avant ne pouvant tirer). Le Grayson, le Gwin et le Meredith sont tous les trois atteints par un obus. Les dommages sur les navires sont très légers mais le Grayson, touché au niveau de la proue, doit réduire sa vitesse en raison d’une voie d’eau. Le projectile qui touche le Meredith dévaste la passerelle de commandement (le commandant est blessé) et endommage le directeur de tir.

Les américains ne sont pas au bout de leur peines. Le Chicago a entamé un virage serré sur bâbord et la violence de la manoeuvre endommage le gouvernail. Le croiseur est donc condamné à tourner en rond jusqu’à ce que l’avarie soit réparée.

2.4 Tour 7

Le sentai 18 ouvre le feu sur le Grauyson. Le Chicago continue à tourner et la DesDiv 22 met le cap à l’est en émettant de la fumée. Trois des destroyers se camouflent derrière la fumée émise par le Grayson et échappent ainsi aux tirs ennemis, qui ne manquent celui-ci que de peu. Le reste de la TF44 est aveuglé par la fumée de la DesDiv 22. La chance sourit décidemment à la DesDiv 22, qui non seulement échappe aux tirs ennemis mais aussi parvient à atteindre le Kako, dont la tourelle arrière est mise hors service.

2.5 Tour 8

La DesDiv 22 lance une salve de torpilles (5 par DD) et se prépare à encaisser les tirs ennemis (qui se concentrent sur le Grayson). Par miracle, ceux-ci sont très largement inefficaces et le navire n’est atteint que par un obus de 203 mm qui ne cause que des dommages limités (une chambre de chauffe est tout de même éteinte).

Le gouvernail du Chicago est réparé.

2.6 Tour 9

Les croiseurs alliés entament un étrange ballet. Alors que l’Australia ordonne au Canberra de virer en même temps que lui sur tribord, le croiseur abat sur bâbord pour éviter la collision avec le Chicago. Le virage de l’Australia l’amène à croiser la route du Hobart, qui passe juste devant lui.

Pendant ce temps, les croiseurs japonais répartissent leur tir sur les 4 destroyers américains, qui, une fois de plus échappent aux tirs ennemis par miracle. Le tir des destroyers et croiseurs alliés sur le sentai 6 est, lui aussi, inefficace.

2.7 Tour 10

La DesDiv 22 se cache derrière son écran de fumée et les croiseurs japonais cessent de tirer après avoir tiré quelques salves sur le Grayson. Les croiseurs alliés poursuivent leur tir sur le Sentai 6 mais la distance est extrême et aucune cible n’est atteinte.

2.8 Tour 11

L’Australia traverse l’écran de fumée de la DesDiv 22 et perd de vue l’ennemi. Seul le Hobart continue à tirer, sans succès.

2.9 Tour 12

L’Aoba et le Kinugasa ouvrent le feu sur le Hobart. La direction de tir du USS meredith est réparée.

2.10 Tour 13

Toute l’escadre japonaise tire maintenant sur le Hobart, qui en caisse un obus de l’Aoba. Celui -ci atteint la barbette de la tourelle B, qui est démolie.

2.11 Tour 14

L’Australia sort du rideau de fumée de la DesDiv 22 et ouvre le feu sur le Kako, ainsi que sur le Tenryu avec son artillerie secondaire. Les croiseurs japonais ne sont qu’à respectivement 13.000 et 10.000 yards. Le Hobart est lui aussi maintenant relativement proche de l’Aoba (14.000 yards), mais les deux autres croiseurs alliés restent encore assez loin (20.000 yards) de leur cible. Ils vont cependant contre toute attente atteindre leur cible. L’Australia touche le Kako et endommage sa tourelle B ; le Canberra atteint le Kinugasa et désempare temporairement un compartiment machines, tandis que le Chicago place un obus sur l’Aoba , qui traverse le bloc passerelle sans exploser ni causer de dégâts. Le Furutaka atteint le Hobart, qui perd un affût de 4″.

2.12 Tour 15

La canonnade se poursuit alors que la distance décroit de plus en plus. Le Chicago abandonne sa cible et reporte son tir sur le Tenryu tandis que le Hobart engage le Tatasuta avec son artillerie secondaire.

L’Australia place 5 obus de 8″ sur le Kako et 2 de 4″ sur le Tenryu. Le Hobart en met 2 sur l’Aoba et le Canberra touche une nouvelle fois le Kinugasa. En retour, L’Aoba et le Kinugasa atteignent 3 fois l’Australia tandis que le Tatsuta touche une fois le Hobart.

Malgré ces nombreux impacts, les dommages infligés sont modestes. Le Kako néanmoins perd définitvement l’usage de sa tourelle B, et doit noyer sa soute à munitions avant menacée par un incendie. Le Tenryu est frappé au niveau du bloc passerelle et plusieurs officiers sont tués. Son commandant et l’amiral ne sont que légèrement blessés cependant.

2.13 Tour 16

L’Australia reporte son tir sur l’Aoba et le touche à trois reprises, tandis que le Hobart atteint ce même navire une fois. Les dégâts sont modérés mais les 3 tourelles de l’artillerie principale sont mises hors service (2 sont cependant réparables). Un compartiment machines est également noyé, sans grandes conséquences pour l’instant.

Le Canberra rate le Kinugasa, mais le Chicago et l’artillerie secondaire de l’Australia placent deux obus de 8″ et autant de 4″ sur le Tenryu. Là aussi, les dégâts sont supportables, mais la tourelle avant est démolie et une chambre de chauffe est noyée (ce qui fait chuter la vitesse à 26 n).

Le tir japonais n’est pas moins efficace et l’Aoba et le Kinugasa placent chacun 4 obus de 20 cm sur l’Australia. Les dégâts restent modestes mais 3 tourelles sont neutralisées (une d’entre elle temporairement) et la quatrième est rendue inopérante en raison d’une panne électrique.

Le Hobart reçoit un obus du Furutaka et un autre du Tenryu qui ne causent aucun dommage sérieux.

2.14 Tour 17

L’artillerie secondaire de l’Australia passe en tir de barrage et crible le Tenryu d’obus de 4″. Touché à une quinzaine de reprises par l’Australia et 5 fois par le Chicago, le croiseur japonais est incendié et explose lorsque les feux font détoner ses deux soutes à munitions.

Le Tatsuta est atteint par 3 ous de 4″ du Hobart et du Canberra et perd l’usage de sa tourelle arrière. Le Kinugasa, atteint par un obus de 8″ du Canberra perd également l’usage de sa tourelle arrière.

L’Australia et le Hobart sont tous les deux atteints par deux obus de 20 cm mais n’encaissent que des dommages modérés.

Le Kako lance 4 torpilles.

2.15 Tour 18

Le Chicago reporte son tir sur le Furutaka et le Tatsuta (artillerie secondaire), qui sont tous les deux touchés. Le Canberra, qui ne peut plus engager sa cible, cachée par le rideau de fumée émis par le sentai 6, engage lui le Tatsuta. Ce dernier poursuit son tir sur le Hobart tandis que le sentai 6 concentre son tir sur le Chicago. Seuls l’Aoba et le Furutaka peuvent utiliser leurs pièces de 20 cm, et encore avec la tourelle arrière uniquement.

Le tir japonais est inefficace et seul le Hobart est touché par un projectile de 14 cm qui ne cause aucun dégât. Le Furutaka est atteint par deux obus de 8″ qui démantèlent deux tourelles d’artillerie, tandis que le Tatsuta est touché 7 fois.

Le Furutaka tire 4 torpilles et le Tatsuta 3.

2.16 Tour 19

Le Chicago règle bien son tir et atteint le Furutaka à cinq reprises. Les dégâts sont modérés mais la dernière tourelle encore opérationnelle est neutralisée. Le Furutaka ne parvient à mettre qu’un seul coup au but sur le Chicago, qui perd son directeur de tir arrière.

Le Canberra touche le Tatsuta 4 fois, et le vieux croiseur perd la moitié de sa vitesse et deux tourelles d’artillerie.

A 1526, le Hobart est atteint par deux torpilles du Kako (destinées au Chicago). Eventré, le croiseur chavire rapidement et explose peu de temps après.

2.17 Tour 20

Le sentai 6 se camoufle derrière sa fumée, tandis que le Tatsuta, se sentant perdu car pris en tenaille par le Canberra et le Chicago, vire sur tribord pour échapper au croiseur australien et tirer ses torpilles restantes sur le bâtiment américain. Il n’en aura pas le temps car le tir du Chicago est extrêmement efficace. Déchiqueté et incendié par une vingtaine d’obus de 8 » et une douzaine de 5 », le navire se casse en deux lorsque ses torpilles font explosion.

Il aura cependant sauvé le Sentai 6 avant de périr car les 3 obus qu’il place sur le Chicago détruisent son directeur de tir avant. Privé de direction de tir, le bâtiment américain n’est plus en mesure de combattre et abandonne la poursuite. Les 4 croiseurs japonais se retirent alors sans danger.

3 Bilan

Les pertes dans l’escadre alliée s’élèvent à

  • un croiseur léger (Hobart) de 7.000 t coulé ;

  • deux croiseur lourds (Australia et Chicago) légèrement endommagés (respectivement 11% et 22%) mais hors de combat (dommages à l’artillerie et à la direction de tir) ;

  • trois destroyers (Grayson, Gwin et Meredith) légèrement endommagés (6% à 14%).

Les pertes japonaises sont à peu prête équivalentes :

  • deux vieux croiseurs légers (Tenryu et Tatsuta) totalisant 7.500 t ont été coulés ;

  • quatre croiseurs lourds sont endommagés légèrement (7 à 19%) mais sont incapables de combattre (8 pièces de 20 cm sur 24 sont opérationnelles).

On oscille donc entre un match nul (en termes de pertes) et une victoire marginale alliée (car ce sont les navires japonais qui se retirent).

Pour information, les escadres ont tiré 4786 obus :

  • 1236 de 20 cm, 373 de 14 cm et 602 de 12 cm dans le camps japonais

  • 827 de 8″, 428 de 6″, 722 de 5″ et 598 de 4″ dans le camps allié.

Il y a eu 125 coups au but dont

  • 24 de 20 cm ;

  • 6 de 14 cm ;

  • 18 de 8″ (RAN) ;

  • 34 de 8″ (USN) ;

  • 3 de 6″ ;

  • 15 de 5″.

  • 25 de 4″.

4 Commentaires

4.1 Plans de bataille

Le plan de bataille de Stéphane n’est pas mauvais en soit mais est basé sur un postulat erroné. Stéphane estime en effet (du moins c’est l’impression que j’en ai) que les croiseurs ennemis sont plus au nord qu’ils ne sont réellement. Son plan risque donc d’amener l’Australia et le Canberra à dépasser l’ennemi, et de donc de laisser le reste de la TF44 en infériorité face à Goto. Il eut été à mon avis préférable de décliner ce plan de façon différente, en dirigeant le TG44.1 à l’ouest plutôt qu’au nord.

4.2 Tour 1 à 4

Pascal prend un gros risque en tirant ses torpilles dès le tour 4, à grande distance et sans bien connaître les intentions adverses. Pire, ses propres mouvements ne peuvent que forcer l’adversaire à changer de cap avant l’arrivée des torpilles. Il aurait fallu que le sentai 6 mette le cap au nord, afin d’inciter l’ennemi à le poursuivre et donc à maintenir son cap actuel.

4.3 Tour 5

L’escadre alliée mène le combat dans une situation qui ne l’avantage pas. Les DD sont exposés et seuls la moitié des croiseurs sont en mesure d’engager effectivement l’ennemi. Si Crutchley ne concentre pas rapidement ses forces, il court le risque de voir ses forces défaites les unes après les autres.

4.4 Tour 6

L’escadre japonaise a semble t-il pris l’initiative et force les américains à les suivre. Il est dommage que le sentai 6 ait déjà tiré ses torpilles car il aurait eu une bonne opportunité de tir. L’idée d’engager les destroyers est excellente et permet de ‘rentabiliser’ les tirs : mieux vaut toucher un destroyer que rater un croiseur. Les coups encaissés par la DesDiv 22 illustrent la situation difficile de la TF44, morcelée face à des navires japonais restés concentrés. Malheureusement, les alliés ne réagissent pas avec toute l’énergie et la lucidité que la situation exige. Le TG44.1, beaucoup trop au NE, tourne avec lenteur, tandis que le TG44.2 entame de nouveau un virage sur bâbord après avoir viré à tribord au tour dernier. L’avarie à l’appareil à gouverner du croiseur est certes un coup de malchance, mais également la conséquence de l’indécision du capitaine Bode. S’il n’avait pas viré à tribord au tour dernier, il n’aurait pas eu besoin de virer de bord si violemment. Pareillement, le changement de cible ne me semble pas une bonne idée. Le Chicago et le Hobart doivent acquérir une nouvelle cible qui en’est pas beaucoup plus proche que la cible précédente.

4.5 Tour 7

Marino prend un risque démesuré en ne se soustrayant pas aux tirs du sentai 6. Il n’est pas – et ne sera pas à court terme – en position de torpiller les croiseurs ennemis, et s’il ne se camoufle pas immédiatement derrière un écran de fumée, il risque fort d’être détruit par les tirs ennemis (auxquels il n’a échappé que par miracle).

4.6 Tour 8

La décision de Marino de lancer la moitié de ses torpilles sur une cible qu’il sait impossible à atteindre est un pari risqué. Il s’expose aux tirs ennemis (auxquels il ne réchappe que par miracle et en raison de confusions dans l’arbitrage) et se prive de la moitié de son potentiel offensif pour un gain potentiel très aléatoire, puisque ces torpilles ne peuvent être dangereuses que si l’escadre japonaise abat sur tribord et met le cap à l’est. Les évènements nous dirons s’il s’agit d’un coup de génie ou (sans mauvais jeu de mots), d’un coup dans l’eau.

La décision de Stéphane de conserver son cap alors qu’il sait que le Chicago est à proximité et connait des problèmes de gouvernail me semble excessivement téméraire. De fait, la collision entre l’Australia et le Chicago n’est évitée que par la décision de Vincent de réduire drastiquement sa vitesse.

4.7 Tour 9

L’ordre de Stéphane de virer sur tribord est étrange car il envoie le Canberra directement sur le Chicago, et l’Australia sur le Hobart. Je me suis mis à la place du commandant du Canberra et j’ai finalement décidé qu’il préférait désobéir à un ordre que laisser son navire éperonner un bâtiment ami. Au final j’ai été très compréhensif dans la gestion des mouvements alliés, pour éviter que la partie soit perturbée par des collisions intempestives.

J’ai également été surpris par les ‘S’ que fait le sentai 6 et qui forcent les 4 CA japonais à ne tirer qu’avec leur tourelle arrière. Il est probable que sans ces manoeuvres la desDiv 22 aurait encaissé quelques obus de 203 mm.

4.8 Tour 10

Marino soustrait sagement ses DD aux tirs ennemis. L’escadre japonaise a donc laissé s’échapper une magnifique occasion de les couler. Ce ‘raté’ est à mon sens dû à une combinaison de facteurs : tirs inefficaces (manque de chance), arbitrage chaotique, mais aussi changements intempestifs de route et de cible.

4.9 Tours 11 à 14

Nombre de messages en chute libre. L’escadre US est de moins en moins commandée. Les chefs de division ne donnent pas de consignes aux navires orphelins.

4.10 Tour 15

La décision du Chicago de changer de cible est discutable. D’une part, le combat est maintenant à son paroxysme et risque de basculer à l’avantage d’un camps ou d’un autre en peu de temps. Il est délicat dans cette situation d’abandonner une solution de tir pour engager une autre cible qui plus est, n’est pas aussi dangereuse que la cible initiale.

Le tir japonais me semble trop concentré (4 croiseurs tirent sur le Hobart) . Les malus au tir sont dans ces conditions importants et ne me semblent pas justifiés dans la mesure où il y a d’autres cibles.

4.11 Tour 16

L’Australia s’est aventuré un peu témérairement et se retrouve très (trop ?) proche de 4 CA et 2 CL ennemis. Il aurait à mon sens été profitable de ne pas s’approcher aussi prêt de l’adversaire afin de l’engager avec l’aide des autres CA de l’escadre.

Par ailleurs, la décision de reporter le tir du Kako à l’Aoba ne me semble pas justifiée. Les malus résultant du changement de cible ont limité le nombre de coups au but sur l’Aoba ; il aurait été préférable de toucher 6 fois le Kako que de n’atteindre que 3 fois l’Aoba.

Par ailleurs, le sentai 18 a une belle opportunité de torpiller le Chicago qui risque de ne pas perdurer.

4.12 Tour 17

La décision de l’Aoba de cesser le feu est regrettable compte-tenu du résultat des tirs de l’artillerie secondaire de l’Australia. L’utilisation des torpilles par les japonais est timide. L’Australia se désengage et les autres navires vont probablement rompre le combat également. Il aurait été pertinent de lancer une forte salve.

La perte du tenryu était prévisible. Que faisait-il si proche d’un adversaire plus fort que lui ? Il aurait du lancer ses torpilles puis se retirer. Les changements de cible ordonné par Goto sont contre productifs et risquent de lui coûter cher.

4.13 Tour 18

Le sentai 6 prend des risques inutiles en continuant à tirer ; il devrait maintenant se cacher derrière la fumée car la puissance de feu ennemie est supérieure à la sienne.

Le tir des torpilles du Furutaka est discutable. Il me semble maintenant tard pour un tir offensif car le Chicago va probablement changer de cap compte-tenu de la situation. Il fallait soit les tirer avant soit les garder pour protéger la retraite.

Le Tatsuta est laissé à lui-même au moment où il a le plus besoin de consignes.

4.14 Tour 19

La perte du Hobart était prévisible : la situation japonaise était favorable au tir de torpilles et il aurait fallu ordonner au croiseur (qui tentait de suivre le Chicago) de changer de cap. D’une certaine manière la destruction du Hobart ets la conséquence de la désintégration du commandement dans l’équipe alliée.

4.15 Synthèse

Le bilan ludique de la partie est extrêmement positif, malgré quelques erreurs inévitables. On notera tout particulièrement la régularité de tous les participants et la qualité globale de leurs ordres.

On relevera néanmoins les points suivants :

  • Le plan de Stéphane comporte une faille. En divisant son escadre en deux groupes, Stéphane part du principe qu’un des deux groupes coupera toujours le T à l’ennemi. C’est indéniable, mais la division des forces fait que l’ennemi peut attaquer un des groupes avec une supériorité locale alors que l’autre groupe est trop loin pour intervenir efficacement. C’est ce qui a failli arriver.

  • Le premier tir de torpilles japonais n’est pas cohérent avec la manoeuvre qui suit. Pour que les torpilles touchent, il fallait que les navires ennemis contineunt sur la même route. Pour les amener à continuer, il aurait fallu abattre sur bâbord, vers le nord, plutôt que se diriger vers eux.

  • Les destroyers américains ont été soumis à un feu très intense auquel ils n’ont survécu que par un concours de circonstances. La gestion du tour 6 ou 7 s’est initialement conclue par de lourds dommages, fatals pour certains navires, mais a été refaite suite à la découverte d’une erreur quelque part. La correction de cette erreur à généré de nouveaux résultats beaucoup plus favorables à la DesDiv 221.

  • L’affaire du Chicago relève d’un manque de chance (pour le gouvernail) couplé à un manque de vigilance ou une prise de risque non justifiée (le cap de l’Australia). Le pire a été évité, en grande partie grâce à la bienveillance de l’arbitre, mais cet épisode a marqué le point de départ de la désintégration du commandement dans l’équipe américaine.

  • A partir du tour 10 en effet, le nombre de messages émis est en chute lire dans les deux équipes. Les navires séparés sont en grande partie laissés à eux-mêmes, ce qui ménera à la destruction du Hobart et du sentai 18.

  • Ce processus est normal et se retrouve dans toutes les parties que j’ai arbitré. Je ne vous jette donc aucunement la pierre mais vous invite à y être d’autant plus vigilant lors des prochaines parties.

  • Lors de la phase finale de la partie, lorsque les flottes sa canonnent à faible portée, aucune des équipes n’a optimisé ses chances. Il y a eu des changements de cible à mon avis malvenus, tandis que d’autres navires (le sentai 18 en particulier) ont continué à tirer sur une cible assez éloignée alors que d’autres étaient mieux situées.

Pour finir, j’attire votre attention sur le fait que la partie était très équilibrée et que chaque équipe a eu la victoire à portée de main.

L’escadre japonaise avait un avantage certain en début de partie (elle était concentrée et pouvait défaire les deux TG alliés l’un après l’autre). Elle a laissé l’opportunité s’échapper, par manque de chance et peut-être aussi d’agressivité.

Lorsque la canonnade a repris à courte distance, chaque camps avait la possibilité d’emporter la décision. Les aléas du combat et une politique de tir discutable ont fait que l’opportunité n’a pas totalement été exploitée.

Lors de la retraite japonaise, les deux escadres ont encore une fois une belle opportunité de vaincre. L’équipe alliée avait la victoire en main et l’a laissé s’échapper en poursuivant imprudemment l’ennemi. Un indéniable manque de prudence et de contrôle sur les unités isolées à couté aux alliés le Hobart et la victoire.

Pareillement, l’équipe japonaise pouvait éviter la perte du sentai 18, qui, employé de façon téméraire, ne pouvait que sucomber à la puissance de feu alliée. La fin de partie donne l’impression que Pascal n’a pas choisi entre fuir et continuer le combat : le sentai 6 s’est retiré laissant les deux croiseurs légers affronter l’ennemi. Si l’escadre japonaise avait rompu le combat de façon nette, elle n’aurait probablement pas subi de si lourdes pertes.

L’escadre japonaise n’a pas non plus pleinement exploité la belle opportunité qu’elle avait en fin de partie pour attaquer l’ennemi à la torpille. Le Hobart a certes été torpillé, mais c’est un coup de (mal)chance car les torpilles étaient destinées au Chicago et les probabilités d’impacts étaient faibles. Les tirs japonais ont été partiels (la moitié des croiseurs ont lancé des torpilles) et tardifs (l’attaque du Furutaka était loin d’être optimale et n’avait pas de grandes chances d’aboutir). Un lancement plus précoce et plus massif aurait sans doute été plus efficace et aurait peut-être donné la victoire au Japon.

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